Comment éviter la dérive des coûts à l’ère des agents autonomes
L’IA intégrée à SAP est en passe de transformer en profondeur les usages des entreprises. Automatisation, aide à la décision, génération de code, analyse en temps réel… les promesses sont nombreuses, et bien réelles.
Mais derrière cette révolution se cache un changement majeur, encore sous-estimé : le passage d’un modèle de licences “illimitées” à une logique de consommation au compteur.
En 2026, avec l’arrivée des agents autonomes et de Joule, l’IA SAP ne sera plus seulement une innovation fonctionnelle — elle deviendra aussi un nouveau poste de dépense à piloter finement.
De la licence illimitée à la facturation à l’usage
Jusqu’à présent, l’usage de SAP était relativement prévisible : une licence utilisateur donnait accès à un périmètre fonctionnel large, sans se poser la question du coût de chaque action.
Avec l’IA, ce paradigme change. SAP introduit une nouvelle unité de valeur : les AI Units.
Ces AI Units fonctionnent comme des crédits prépayés :
-
elles sont achetées par blocs (souvent par paquets de 100),
-
chaque action de l’IA (analyse, génération de texte, recommandation, lecture de document) en consomme une partie,
-
elles ont une date de péremption, généralement de 12 mois.
👉 Premier piège à éviter : surstocker “par sécurité”. Des AI Units non consommées sont tout simplement perdues.
Combien ça coûte vraiment ? Deux cas concrets
Cas n°1 : l’automatisation “invisible” qui peut coûter cher
Prenons un exemple courant :
un directeur financier active un agent de Cash Management pour automatiser le lettrage des paiements.
Le gain est immédiat : moins de tâches manuelles, une meilleure fiabilité, un traitement plus rapide.
Mais derrière cette automatisation :
-
SAP facture l’usage de l’agent selon une grille dégressive (environ 1 à 8 AI Units par utilisateur, selon la taille de l’équipe),
-
et surtout, chaque lecture de document joint (facture PDF, pièce justificative) déclenche une consommation supplémentaire via le Document Grounding (environ 0,005 AI Unit par document).
👉 Automatiser quelques dizaines de factures reste marginal.
👉 Automatiser des milliers de documents par mois peut, en revanche, faire exploser le compteur sans que personne ne s’en rende compte.
Cas n°2 : une opportunité à saisir avant qu’elle ne disparaisse
À l’inverse, certaines initiatives sont aujourd’hui particulièrement intéressantes.
SAP a rendu Joule pour les développeurs gratuit jusqu’au 30 septembre 2026 pour la génération de code (ABAP notamment).
Cela signifie :
-
pas de consommation d’AI Units,
-
un usage illimité sur une période donnée,
-
un levier idéal pour accélérer les projets de modernisation technique.
👉 C’est un “buffet à volonté” temporaire.
Les entreprises qui sauront en profiter maintenant prendront une longueur d’avance avant la généralisation de la tarification.
Trois règles d’or pour garder le contrôle en 2026
1. Simuler avant d’acheter
Avant de commander des AI Units, il est indispensable de simuler les usages réels.
SAP met à disposition un outil gratuit : SAP AI Estimator.
En renseignant vos volumes (nombre d’utilisateurs, de factures, de documents), vous obtenez une estimation réaliste des besoins — et évitez les mauvaises surprises.
2. Surveiller le “burn rate”
La consommation d’IA ne doit pas être découverte en fin d’année.
Un suivi régulier via le portail SAP for Me permet :
-
de détecter une dérive rapide,
-
d’identifier les usages les plus consommateurs,
-
d’ajuster les paramétrages ou de restreindre certains scénarios.
Brûler 50 % du crédit en deux mois est un signal d’alerte, pas une fatalité.
Tous les usages ne se valent pas.
Former les utilisateurs est clé pour éviter le gaspillage :
-
poser des questions simples (“comment poser mes congés ?”) peut être couvert par des assistants de base, sans coût,
-
réserver les AI Units aux tâches à forte valeur ajoutée : analyse financière, planification logistique, prévisions, scénarios complexes.
En conclusion
L’IA SAP est un levier de performance exceptionnel. Elle peut automatiser, accélérer et fiabiliser des processus critiques.
Mais comme toute innovation puissante, elle nécessite une gouvernance claire, à la fois fonctionnelle, technique… et financière.
La bonne question n’est donc pas “faut-il utiliser l’IA ?”
Mais plutôt : chaque unité consommée crée-t-elle plus de valeur qu’elle ne coûte ?
Chez DUONEXT, nous accompagnons nos clients pour répondre à cette question — avant que le compteur ne s’emballe.


